Audition des opérateurs par le Gouvernement : vers un retour aux hotlines payantes ?


Après avoir reçu les syndicats (voir notre article), ce sont donc les dirigeants des quatre opérateurs Bouygues Telecom, SFR, Orange et Free qui ont été auditionnés hier pendant deux heures par Arnaud Montebourg, le Ministre du redressement productif et Fleur Pellerin, Ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique pour mettre à plat les sujets économiques et sociaux liés à la filière (voir ici).

Il y était notamment question des récents plans de départs volontaires annoncés chez SFR et Bouygues Telecom destinés à sauvegarder leur compétitivité face à l'arrivée de Free Mobile.


Fleur Pellerin a estimé devant les députés que "Ces plans de départs volontaires inquiètent fort légitimement de très nombreux salariés, mais si nous en sommes là aujourd'hui c'est parce que le secteur des télécoms a été soumis à un empilement de taxes et à une réglementation fluctuante pour ne pas dire erratique au cours des dernières années

[...] L'arrivée sur le marché du quatrième opérateur de téléphonie mobile a été gérée par le précédent gouvernement sans aucune réflexion sur ses conséquences en matière d'emploi.

[...] En 2012, le chiffre d'affaires des opérateurs va baisser de 10 %, et là encore c'est l'emploi qui va être la variable d'ajustement. Et bien non, nous ne l'acceptons pas, parce que le secteur des télécoms est particulier, il est réglementé et protégé de la concurrence internationale".


En réponse au souhait d'Arnaud Montebourg de relocaliser les centres d'appels en France (délocalisés principalement au Maghreb pour des raisons de coûts), les opérateurs ont pu alors réclamer lors de cette entrevue la révision de la loi Chatel et principalement de son chapitre qui concerne la gratuité depuis 2008 du temps d'attente avant la mise en relation téléphonique avec les services d'assistance technique des opérateurs. Second objet de désaccord avec cette loi, la possibilité pour un abonné engagé pour 24 mois de se désengager au terme d'un an et de partir en ne payant que 25 % du montant encore dû. Les opérateurs demande que cette clause de libération des contrats soit revue en leur faveur car ils estiment qu'elle n'est plus d'actualité en raison de l'arrivée de Free Mobile et ses forfaits sans engagement sur la durée.

Autre piste avancée : la possibilité de mettre en place des hotlines dites "premium" proposant un service supplémentaire payant accéder plus rapidement à une assistance technique.

Un responsable souhaitant rester anonymé a déclaré à l'issue de cette audition : "Il faut qu'il y ait un rééquilibrage, le consommateur a été beaucoup favorisé et il faudrait revenir à un état des lieux plus normal".

Quelques heures après avoir reçu les dirigeants de ces opérateurs, Fleur Pellerin a annoncé que "le Gouvernement présentera un train de mesures qui permettra d'éviter la casse sociale et de relancer les investissements, de réconcilier l'intérêt des consommateurs et celui des salariés" et qu'il ne tolérera pas que ce secteur détruise ou délocalise des emplois".

Source : Satellifax.

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