Olivier Roussat s'exprime sur le plan de départs volontaires chez Bouygues Telecom


Le Directeur général de Bouygues Telecom, Olivier Roussat, a été interviewé par Le Parisien hier suite à l'annonce par l'opérateur d'un plan de départs volontaires concernant 556 postes (voir notre article) parmi les 9.800 employés de l'entreprise. Nous vous en proposons ci-dessous la retranscription.

Comment justifiez-vous le plan de départs ?
"Ca n'est pas tant l'arrivée d'un quatrième opérateur que les conditions avantageuses de son arrivée qui sont en cause. On nous oblige à jouer à armes inégales. Free a pu commencer son activité sans avoir à investir réellement dans son réseau grâce à son contrat qui lui permet d'utiliser celui d'Orange. Free n'a investi en 2011 que 142 millions d'euros, contre 600 pour Bouygues Telecom".

Qui sera concerné ?
"Ce plan porte sur 556 postes, soit environ 5 % de notre effectif, qui est de 9.800 collaborateurs. Il reposera uniquement sur des départs volontaires et des reclassements au sein du groupe Bouygues. Il n'y aura aucun licenciement contraint dans notre réseau de boutiques (2.000 collaborateurs) et dans nos centres d'appels (2.400 collaborateurs), lesquels sont tous en France. Nous voulons préserver avant tout les métiers liés au service et à l'accompagnement de nos clients".

Quand ce plan s'est-il imposé ?
"Dès février, nous avons anticipé une baisse de 10 % du chiffre d'affaires et nous avons décidé d'un plan de réduction des coûts de 300 millions d'euros (voir notre article). Les mesures engagées se révèlent insuffisantes. Les indicateurs se sont encore dégradés depuis car non seulement nous avons perdu des abonnés, mais le revenu par abonné a baissé".

B&YOU, votre filiale Internet, propose un forfait tout illimité à 19,99 € équivalant à celui de Free. Pourquoi ne pas avoir baissé vos prix plus tôt ?
"Disons-le une fois pour toutes : ça n'est pas M. Niel, le patron de Free, qui a fait baisser les prix, c'est l'ARCEP. En janvier 2010, la minute de communication nous coûtait 5 centimes, en 2012 elle est à 1 centime. B&YOU a été lancée en juillet 2011, bien avant l'arrivée de Free, et le tout-illimité était déjà à 24,90 €".

Et à ce prix, vous gagnez de l'argent ?
"Oui, mais beaucoup moins que les 40 % de marge que fait Free. Celui qui se gave n'est pas celui qu'on croit. Xavier Niel reproche à ses concurrents de verser trop de dividendes au détriment des clients... Bouygues a été créé en 1994 et n'a pas versé de dividendes avant 2006. Et à ce jour, ces actionnaires ne sont toujours pas rentrés dans leurs fonds. Alors que, je crois, M. Niel, principal actionnaire de Free, figure dans le top 10 des grosses fortunes françaises".

La situation remet-elle en cause votre stratégie de développement ?
"Non. La nouvelle Bbox marche très bien, le déploiement de la 4G à Lyon se déroule normalement et nous allons même essayer d'accélérer le développement du très haut débit mobile en France".

Source : Le Parisien.

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