Quelle est donc cette technologie G.fast poussée par Bouygues Telecom ?


Dans son interview accordée à 01netTV le 12 février dernier (voir ici), Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, a notamment abordé les difficultés de déploiement de la fibre optique, ses contraintes et ses coûts extrêmement importants :
"Ce qu'ont imaginé les pouvoirs publics, c'est d'avoir de la fibre optique de plus en plus. Or la fibre optique, force est de constater qu'elle ne se déploie pas très vite d'une part, d'autre part qu'elle ne se vend pas forcément très bien. Vous avez assez peu de clients à l'heure actuelle, parce que c'est compliqué de raccorder, parce qu'il y a des choses à faire [dans les parties communes et les logements]".


Olivier Roussat a cité par exemple les problèmes d'autorisation pour les personnes en location, les propriétaires peu enclins à des travaux à leur domicile, etc... Il a au passage rappelé que Bouygues Telecom a également investi dans la fibre : "On a fabriqué une structure de fibre optique pour déjà plus de 400 millions d'euros pour avoir quelques milliers de clients dessus".


C'est pour ces raisons que l'opérateur annonce sa préférence pour la technologie G.fast : "C'est un vrai frein d'avoir à rajouter quelque chose [pour équiper un logement de la fibre optique], c'est d'ailleurs la raison pour laquelle on pousse une technologie qui s'appelle G.fast qui nous permettrait de réutiliser le cuivre". Mais pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore cette technologie, nous vous proposons quelques explications ci-après. Pour écouter l'intervention d'Olivier Roussat au sujet du G.fast, c'est à partir de la 31ème minute de la vidéo en bas de cet article.


Qu'est-ce que la norme G.fast ?

L'UIT (Union Internationale des Télécommunications, ou ITU en anglais) élabore actuellement une nouvelle norme sur la large bande appelée G.fast. Elle combinera l'infrastructure filaire (cuivre) existante pour offrir les mêmes performances que la fibre à moindre coût car elle évitera les frais d'installation de la fibre entre le point de distribution et le domicile d'un particulier. Cette norme G.fast, poussée par Alcatel-Lucent et donc Bouygues Telecom, permettra d'atteindre sur les lignes téléphoniques en fil de cuivre existantes des débits allant de 500 Mbit/s à 1 Gbit/s à 100 m de distance, et sera viable jusqu'à 250 mètres maximum (au delà, on observe une grande perte de débit). Cette performance est obtenue grâce à l'élargissement de la bande de fréquences utilisée (106 MHz contre 30 MHz pour le VDSL2). L'approbation de la norme G.fast devrait se faire dès cette année.


Signalons que l'UIT et le Broadband Forum collaborent étroitement afin de faire en sorte que les solutions G.fast puissent rapidement être utilisées dans le déploiement de la fibre jusqu'au point de distribution (FTTdp). Avec cette technologie bien moins onéreuse que le FTTH (Fiber To The Home), il n'y aura donc plus de fibrage vertical à réaliser dans les immeubles, donc moins de contraintes et moins de coûts, aussi on peu espérer une accélération du très haut débit dans l'hexagone...

Sources : 01net, Alcatel-Lucent & Wikipedia.
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