Rachat de SFR manqué : 2.000 emplois menacés chez Bouygues Telecom ?


D'après Le Figaro, les syndicats craignent une suppression d'emplois concernant de 1.500 à 2.000 postes chez Bouygues Telecom, qui en compte actuellement 9.000, soit près de 23 % des effectifs. La raison avancée serait l'échec récent du rachat de SFR.


Alain Bernard (FO) déclare à ce sujet : "Pour le moment, le calendrier est plus politique qu'économique. Rien ne devrait être annoncé avant les élections européennes, le 25 mai [...] La question qui se pose est celle du modèle économique et des emplois nécessaires à celui-ci. Le chiffre d'affaires de Bouygues Telecom a chuté de 26 % en deux ans, avec des coûts qui ont augmenté de 10 %".


Bouygues Telecom a subi de plein fouet l'arrivée d'un quatrième opérateur mobile en janvier 2012 car en deux ans il a perdu 200.000 clients dont 18 % ont basculé sur des forfaits moins onéreux chez B&YOU et a vu son revenu par abonné chuter. Le lancement de la 4G avec le réseau le plus vaste de France n'a pas suffit et les résultats ne sont pas forcément à la hauteur des ambitions commerciales comme le pense Aziz Azam, représentant CFDT chez Bouygues Telecom : "Nous avons le plus grand réseau 4G, mais le chiffre d'affaires le plus faible des trois opérateurs historiques. Cherchez l'erreur !".


Côté fixe, la nouvelle offre Bbox à 19,99 €/mois semble déjà être un réel succès en ayant séduit de nombreux nouveaux clients mais elle n'apporte que très peu de marge à l'opérateur.

Bouygues Telecom souhaite donc une nouvelle fois réduire ses coûts de fonctionnement, notamment en simplifiant sa grille d'offres car comme l'explique un expert : "Plus on multiplie les propositions, plus les besoins des fonctions support (gestion de la relation client, l'informatique...) sont élevés et génèrent des coûts fixes importants", même si le risque d'alléger l'offre est synonyme de réduction des besoins en effectifs commerciaux... Autre piste : mettre l'accent sur les services inclus dans ses offres les plus chères afin de se différencier des forfaits à bas coûts. Pour réduire ses coûts de fonctionnement, un déménagement du siège (Tour Sequana) de Bouygues Telecom à Issy-les-Moulineaux (92) serait par ailleurs envisagé dans les locaux moins onéreux à Vélizy (78), proche de son technocentre situé à Meudon, dès qu'un nouvel occupant serait trouvé.

Selon les informations de ZDnet et de La Lettre A, la branche entreprises serait la première touchée avec une cession pure et simple. Colt ou British Telecom seraient intéressés. La faute au nouveau duopole Orange et SFR/Completel ? Bouygues Telecom Entreprises emploie 900 personnes pour plus de 1,5 million de clients.

Une autre source interne citée par La Tribune indique plutôt que "Certains services comme le marketing et l'informatique pourraient perdre la moitié à 70 % de leurs collaborateurs".


Enfin, comme le confirme Alain Bernard, Bouygues Telecom pourrait aussi réduire ses investissements : "Aujourd'hui, nous payons le choix des autorités de régulation (ARCEP) d'avoir voulu imposer une concurrence par l'infrastructure et non par l'offre. L'accord de mutualisation avec SFR permettrait de pallier cela, tout en gardant quatre marques concurrentes".

Nous en saurons peut-être plus lors de la présentation des résultats du premier trimestre 2014 du Groupe Bouygues jeudi prochain, 15 mai.

Sources : Le Figaro, ZDnet & La Tribune.

[MàJ 13/05/14] Interrogé par ZDnet aujourd'hui, Bouygues Telecom dément la cession de sa branche Entreprises.

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