Bouygues Telecom auditionné par la Commission des affaires économiques


Le mardi 7 juin dernier, Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom a été auditionné par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale en compagnie de Didier Casas, Secrétaire général de l'opérateur.


Olivier Roussat est rapidement revenu sur la récente restructuration de son entreprise qui a permis d'être aujourd'hui, au moment même de son vingtième anniversaire, en bonne santé. Il a également rappelé quelques chiffres dévoilés lors de la présentation des résultats du premier trimestre (voir ici) suivi d'un historique du lancement du réseau 4G et enfin un mot sur le lancement d'Objenious, sa filiale dédiée à l'Internet des objets (IOT) ont été ensuite abordés.


A la demande de la députée Frédérique Massat, Olivier Roussat s'est exprimé sur le rapprochement manqué de Bouygues Telecom avec Orange et sa vision d'un marché des télécoms qui pour lui se fera durablement à quatre opérateurs. Il a rappelé l'importance de continuer à élargir la couverture du réseau mobile, notamment via la mutualisation d'antennes avec SFR, et a confirmé l'objectif de couverture de 82 % de la population française d'ici à la fin de l'année et de 99 % d'ici fin 2018. Le PDG de Bouygues Telecom a évoqué l'investissement dans le fixe, tout d'abord dans l'ADSL et désormais prioritairement dans la fibre optique au travers de co-investissements avec SFR (zones très denses) et Orange (zones moyennement denses). Nous apprenons ainsi que Bouygues Telecom a l'intention de commercialiser dès la fin de cette année des offres Bbox sur les Réseaux d'Initiative Publique (RIP) couverts par Axione, filiale du groupe Bouygues, avant de faire de même sur les RIP réalisés par la concurrence.


La couverture des zones blanches a été évoquée, Olivier Roussat rappelant que Bouygues Telecom respecte le calendrier de ses engagements dans ce domaine. Un mot ensuite sur l'innovation en citant la Bbox Miami avec une volonté d'ouverture grâce au choix d'Android et non avec un écosystème propriétaire ou encore avec des partenariats comme Spotify pour le streaming de musique. Ce choix a permis également d'abaisser les coûts de conception de la box et de fait d'offrir une offre à bas prix.


Didier Casas est intervenu pour confirmer que Bouygues Telecom tiendra ses engagements de couverture en zones blanches vis à vis de l'ARCEP. Il a indiqué que la mutualisation des antennes avec SFR permettrait à ce titre d'accroitre significativement cette couverture. Olivier Roussat a donné comme exemple la Corse (en zone grise) où il ne disposait que de 70 antennes en propre à 210 à compter du 1er juillet grâce à la mutualisation. Sur le territoire national, le nombre de sites (antennes) de Bouygues Telecom augmentera de plus de 40 % d'ici début 2018 grâce à cet accord entre les deux opérateurs. Le but étant d'être présent dans toutes les communes où Orange l'est déjà et de faire disparaître les zones grises indique Olivier Roussat. Pour cela, Bouygues Telecom investira plusieurs centaines de millions d'euros sur les trois années qui viennent.

Olivier Roussat a ensuite répondu aux questions des députés au sujet du rapprochement manqué avec Orange et du climat social à l'intérieur de l'entreprise. Il a précisé sur ce dernier point que les collaborateurs de Bouygues Telecom sont aujourd'hui rassurés que le plan de restructuration initié en 2014 et la stratégie qui en découle portent aujourd'hui leurs fruits mais également que leur entreprise reste indépendante. Pour la petite histoire, il indique que si un éventuel mariage avec Orange n'avait pas pu être tranché en France par l'Autorité de la concurrence mais par la Commission européenne, du fait du statut international de l'opérateur historique, le groupe Bouygues n'aurait jamais ouvert de discussions, craignant alors un refus.

Le PDG de Bouygues Telecom a répondu aux questions concernant les MVNO, précisant que leur nombre a significativement baissé lorsque le quatrième opérateur mobile est arrivé sur le marché. Aujourd'hui les opérateurs virtuels qui subsistent sont ceux qui s'appuient sur leurs propres réseaux de distribution comme La Poste ou le groupe CIC, a-t-il indiqué avant d'ajouter que c'est Bouygues Telecom qui accueille le plus de MVNO sur son réseau.


La filiale Objenious a été à nouveau abordée, Olivier Roussat confirmant que la Corse sera bien évidemment desservie par son réseau LoRA en cours de déploiement. A fin juin, il devrait déjà couvrir 50 à 60 % de la population et d'ici à la fin de l'année, il sera plus étendu que celui d'Orange.

Concernant le réseau de boutiques, Olivier Roussat a indiqué que les enseignes indépendantes (Phone House, Tel and Com, etc) ont fini par disparaitre chez la totalité des acteurs suite à l'arrivée de Free Mobile, afin de favoriser les boutiques en propres. Bouygues Telecom souhaite augmenter ses surfaces de vente, parfois en regroupant deux boutiques entre elles. L'opérateur a beaucoup investit (30 à 35 millions d'euros par an sur trois ans) pour transformer l'intérieur de ses boutiques.

Olivier Roussat a donné son point de vue sur l'internationalisation visée par certains opérateurs, indiquant que cette stratégie n'a que peu d'intérêt au niveau national pour un opérateur qui souhaite pour le moment se concentrer sur ses activités dans l'hexagone comme le fait Bouygues Telecom.


En réponse à un député, Didier Casas a tenu à préciser le fonctionnement du roaming en Europe et dans le reste du monde, rappelant que les règles sont alors différentes dans ces deux zones, avec également des variations pour le grand public et pour les professionnels. Les particuliers sont automatiquement coupés s'ils dépassent un hors forfait supérieur à 50 €, ce qui n'est pas le cas des entreprises. Dans tous les cas de figures, des SMS d'information tarifaire sont automatiquement envoyés à l'arrivé dans un pays étranger ainsi que des SMS d'alertes dès qu'un certain palier de consommation est atteint.

Vous pouvez retrouver la vidéo complète de l'intervention de Bouygues Telecom en cliquant ici. A noter que les autres opérateurs seront également auditionnés par la Commission des affaires économiques dans les prochains jours.

Source : Assemblée nationale.

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