SFR en guerre contre l'utilisation des 1.800 MHz en 4G par Bouygues Telecom


On savait les concurrents de Bouygues Telecom très hostiles à l'éventuelle reconversion de ses fréquences 1.800 MHz pour la 4G (voir notre article). Aujourd'hui Stéphane Roussel, PDG de SFR, s'exprime à ce sujet dans Les Echos et brandit une importante menace sur l'emploi !


Il estime en effet que 5.000 emplois seront menacés chez SFR et ses sous-traitants si Bouygues Télécom obtenait cette année l'autorisation qu'il a demandé en juillet 2012 à l'ARCEP et de 3.000 emplois si cela se produisait en 2014 : "J'ai écrit avant Noël au président du régulateur et au Premier ministre. Si Bouygues Telecom obtient les fréquences en 1.800 MHz, alors cela entraînera la destruction de 5.000 emplois dans l'écosystème SFR".

Un proche du gouvernement répond aussitôt à cette menace de SFR : "Ce type de chantage de boutiquier n'est pas reluisant pour celui qui l'exerce. D'autant que SFR reste une entreprise rentable".


D'après Le Figaro, Stéphane Roussel qualifie de "scandale absolu" le fait même que l'ARCEP examine la possibilité que Bouygues Telecom bénéficie d'une autorisation spéciale qui permettrait de lancer en premier la 4G. Il a enfin affirmé que SFR attaquera toute décision favorable à Bouygues Telecom devant le Conseil d'Etat et demandera réparation du préjudice subi devant le tribunal administratif.

"Bouygues Telecom pourrait ainsi se retrouver en position de leader sur la 4G car son réseau a été développé à l'origine dans la bande de fréquences 1.800 MHz et SFR perdrait alors son avance" explique Le Figaro.


Bouygues Telecom via son secrétaire général, Didier Casas, a répondu que "Ces chiffres ne sont pas crédibles [...] Certains cherchent à faire pression sur les pouvoirs publics en exerçant un chantage à l'emploi sur des bases tout à fait fantaisistes [...] Bouygues Telecom a fait son devoir comme les autres opérateurs en achetant des fréquences 4G pour 900 millions d'euros et ne demande pas de tour de passe-passe pour faire de la 4G sans avoir payé pour".

Et d'ajouter "Neelie Kroes (Commissaire européenne chargée des Nouvelles technologies) nous a écrit en décembre pour nous dire qu'elle était favorable à une attribution rapide de ces fréquences [...] L'Union européenne compte déjà une quinzaine de pays où la bande des 1800 est utilisée en 4G [...] Les trois opérateurs de réseau (hors Free) ont la même quantité de fréquences 1800 et s'il le voulaient, SFR comme Orange pourraient également faire de la 4G dans la bande des 1800. Nous avons demandé une décision pour l'ensemble du marché, nous ne demandons pas un privilège".

Bouygues Telecom promet au contraire la création de 400 emplois dont la moitié chez ses sous-traitants s'il obtient l'autorisation de convertir ses fréquences 1.800 MHz pour la 4G, avant de s'étonner : "L'arrivée d'un quatrième opérateur entraîne la destruction d'un millier d'emplois chez SFR et la réallocation de licences pour un opérateur qui ne pèse que 17 % du mrché aboutirait à 5.000 suppressions de postes...".

La bataille continue...

Sources : Les Echos, Le Figaro, L'Express et Reuters.


[MàJ 24/01/13] Free s'y met à son tour en prévoyant 2.500 suppressions de postes si l'ARCEP donnait le droit à Bouygues Telecom d'utiliser les fréquences 1.800 MHz pour la 4G (source : Les Echos).

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