Pour Olivier Roussat, l'état d'esprit est très bon chez Bouygues Telecom !


Lors d'un nouvel entretien accordé cette fois au quotidien économique Les Echos, Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom s'est confié sur l'avenir de Bouygues Telecom après l'échec de mariage avec Orange il y a un mois de cela.

Il s'est tout d'abord déclaré confiant suite aux derniers résultats que l'opérateur venait de publier et avoue donc que l'état d'esprit chez Bouygues Telecom et de ce fait très bon : "Les résultats trimestriels que nous venons de publier montrent que Bouygues Telecom est en train de refermer une phase longue, qui a été difficile. Le chiffre d'affaires s'améliore, trimestre après trimestre, depuis un an. Nous avons réussi à retourner la situation sur le chiffre d'affaires global, mais également sur le fixe et le mobile. La croissance est importante et solide".


Pour Olivier Roussat, Bouygues Telecom a parfaitement les moyens de continuer seul sur le marché des télécoms et sa tentative de fusion avec l'opérateur historique n'était apparemment pas vitale : "Nous n'étions pas dans une mauvaise situation. Notre actionnaire cherchait un deal encore meilleur pour Bouygues Telecom, dans le cadre d'un rapprochement avec Orange. Ce sont deux choses très différentes. Nous avons finalement décidé de poursuivre le chemin seul. Et nous avons parfaitement les moyens pour cela. Nos résultats le prouvent".

Poursuivre seul implique obligatoirement plus de difficultés à financer à l'avenir de gros investissements indispensables tels que le déploiement de la fibre optique par exemple, mais là encore Olivier Roussat se veut rassurant : "Nous sommes partis en retard c'est vrai, mais ce n'est pas irrémédiable ! Nous avons une stratégie de volume dans le fixe, pour faire grossir notre base de clients le plus vite possible. Nous avons annoncé que nous visions 1 million de clients supplémentaires dans le fixe fin 2017. Nous sommes parfaitement en ligne avec cet objectif".

Même si le PDG d'Orange ne cesse de répéter qu'à l'avenir les prix vont augmenter, Olivier Roussat pense toutefois que le marché va rester agité et prépare donc son entreprise pour cela : "Ceux qui prédisent une remontée des prix sont les premiers à lancer de nouvelles promotions ! Cette guerre tarifaire, il faut donc apprendre à vivre avec. Bouygues Telecom est parfaitement structuré pour. Nous avons considérablement réduit nos coûts depuis 2012 : sur les 5.000 postes de travail qui n'étaient pas en lien direct avec les clients, 40 % ont été supprimés dans le cadre de plans de départs volontaires".

Olivier Roussat est revenu sur le partage de réseau mobile avec SFR et en rappelle les objectifs et les avantages : "Grâce à lui, nous couvrirons 82 % de la population en 4G dès cette fin d'année et 99 % en 2018. Nous aurons ainsi le meilleur réseau 4G de France. Pour Bouygues Telecom, cet accord de mutualisation apporte 40 % de sites relais supplémentaires, soit 3.000 sites. En Corse, par exemple, un territoire que nous couvrions mal, nous allons passer de 70 sites à 220 dès le mois de juin. Nous co-investissons également avec SFR dans le FTTH (fibre jusqu'à l'abonné) sur les zones denses (grandes unités urbaines). Cet accord de partage d'investissement nous permet de payer la fibre deux fois moins cher qu'Iliad, par exemple. Enfin, sur les zones moyennement denses, la régulation nous permet d'investir dans le FTTH de manière très progressive, en achetant à Orange des - tranches - de 5 % des communes qu'il déploie. Aujourd'hui, nous avons choisi d'être présents sur 712 communes. Bouygues Telecom est l'opérateur qui bénéficie le plus de cet aménagement de la régulation".


Pour faire face à une rude concurrence sur le marché comprenant toujours quatre opérateurs ainsi qu'aux lourds investissements futurs indispensables, Les Echos rappellent que certains estiment qu'il sera difficile pour Bouygues Telecom de recourir à un nouveau plan social. Olivier Roussat est sur ce dernier point catégorique : "Il n'y aura pas de nouveau plan social chez nous, il n'y a pas de raison. Pour ce qui nous concerne, nous avons déjà fait ce que nous avions à faire. Et nous sommes allés assez loin. L'effectif de certains services a été divisé par trois. Nous avons atteint notre poids de forme. Désormais, il faut surtout veiller à maintenir les coûts sous pression, car, dans toute entreprise, la tendance naturelle est de les laisser remonter".

Si Bouygues Telecom et SFR unissent une partie de leurs réseaux mobiles, Olivier Roussat ne partage cependant pas totalement la stratégie de SFR lorsque la question lui est posée, surtout concernant l'exclusivité des contenus proposés : "Nous n'avons pas la même stratégie. Même si le groupe Bouygues possède avec le groupe TF1 un ensemble de chaînes assez puissantes. Nous souhaitons rester le plus ouvert possible en termes de contenus. D'abord parce que l'exclusivité, cela coûte cher. Ensuite, parce que nous voulons laisser le choix à nos abonnés en leur proposant des contenus divers, souvent le meilleur des grands services, comme Spotify pour la musique ou Canal Play pour les séries et les films".

Dans une autre interview aujourd'hui accordée cette fois à France Info, Olivier Roussat a indiqué que les tarifs mobiles n'augmenteraient pas "à court terme, pas plus chez nous que chez les autres, parce que nous sommes très concurrentiels sur le marché français". A retrouver en intégralité dans la vidéo en bas de cet article.

Source : Les Echos.
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